L’Ami était venu partager un long week end dans la belle
demeure. L’été s’épanouissait au milieu des craquements des brindilles sèches, des chants des cigales et des parfums de fruits murs et juteux. L’atmosphère était légère, raffinée, rieuse. L’Ami
exprimait tant d’élégance dans ses gestes, dans sa conversation brillante que la Marquise était sous le charme. Le Marquis de Jade avait si bien perçu le luxe de cette première journée qu’il se
laissait aller à une infinie douceur dans la voix, dans les gestes, dans les propos.
Elle ne sait plus très bien comment cela s’est passé, mais à la fin de la soirée, au sortir de la salle de bains au premier étage, alors qu’elle entrait dans leur chambre, elle a tressailli. Le Marquis l’attendait, assis sur leur fauteuil en osier, très ému par son visage à elle, très excité par son corps à elle. Le désir était là tout brûlant, irrésistible pour elle, leurs caresses furent si longues, comme des préliminaires délicieux, corps enlacés tantôt sur le lit, tantôt sur le tapis. Oui, de longues caresses comme si ses mains à Lui voulaient une nouvelle fois découvrir le velours de sa peau à Elle. Il s’extasiait toujours sur la douceur de sa peau, come si chaque fois c’était une surprise.
Leur chambre, fenêtre grande ouverte sur le parc, faiblement éclairée par la lampe de chevet, avait cet avantage d’être vaste et accueillante, avec du mobilier ancien dont un canapé d’angle qui invitait à la conversation amoureuse.
L’Ami disposait d’une chambre au même étage. Les portes étaient ouvertes. Les couloirs pleins de lumière. L’Ami allait et venait, probablement profitait-il d’un bain pendant que les amants se caressaient.
Elle ne sait plus non plus comment cela s’est passé, comment elle, couchée dans le lit conjugal, l’Ami est venu la rejoindre sur la couche, le Marquis à son tour probablement profitait-il d’un bain…
La Marquise, au corps nu, brûlant des milles caresses reçues, ne se priva pas du goût fort agréable de nouveaux baisers sur sa peau. L’Ami était audacieux, conquérant, tout réjoui d’avoir reçu une invitation de la part du Marquis.
Caresses, baisers, enlacements, les mains au sommet de leurs puissances magiques, les mains des hommes qui invitent la Marquise à murmurer l e plaisir.
Elle ne sait plus très bien comment cela a continué, si naturellement, si simplement, avec tant de douceur, mais plus tard, les lumières se sont éteintes dans les couloirs, les portes de la demeure se sont fermées à double verrou, il n’y eut plus que la lumière de la petite lampe de chevet qui brillait encore dans leur vaste chambre, il y eut des silences et des soupirs, et voilà qu’elle les a sentis, tous les deux allongés contre elle, elle aima le parfum de leurs lèvres, de leur peau, elle n’eût pas peur de caresser leur sexe, chacun en semble, elle sentit leurs mains sur elle, et ce fut comme un vertige, alors elle se laissa caresser, encore à quatre mains, dans cette infinie douceur qu’ils exprimait l’un et l’autre à son égard.
Elle fut à un moment donné si mûre, si brûlante sans doute, que le Marquis prit les devants, comme il se doit, et l’Ami, avec élégance sut lui offrir le corps de sa Marquise si lisse, tant et si bien qu’elle se trouva prise en étau entre les deux hommes, le sexe du Marquis de Jade empli d’ardeur à la pénétrer, à s’engouffrer dans le conduit limpide qu’il reconnaissait comme au bord du désir, tandis que le sexe de l’Ami gonflait sous la pression de ses doigts à elle.
Elle ne sait plus très bien comment elle finit par recevoir la visite de l’un puis de l’autre, selon un déroulé courtois et raffiné, à tel point que le jeu soulevant tant de charmes en chacun finit par faire éclore le premiers chants de l’orgasme.
Ce dont elle se souvient, c’est la délicatesse des hommes s’occupant si bien de son plaisir que le chant se prolongea longtemps encore dans la nuit. C’est alors qu’elle reçut à la fois dans sa gorge et dans le fond de sa grotte, presque en simultané ce jaillissement de semence, dans une posture qu’elle ne saurait décrire, son corps ouvert joliment contre les corps des hommes.
Ce fut comme un ravissement.
Le lendemain, ce dont elle se souvient, c’est qu’ils ne dirent rien, tant la beauté des corps invitait au songe davantage qu’aux paroles.
Le Marquis et la Marquise raccompagnèrent leur Ami jusqu’à l’aéroport. Ce fut une scène étrange : l’Ami embrassa longuement la bouche de la Marquise tandis que le Marquis, derrière elle, l’enlaçait comme il le fait souvent, d’une manière qu’elle adore… Il semble que des gens regardaient la scène dans le hall de l’aéroport avant l’embarquement.
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Dard pointé. Perles d'ambre autour du cou. Joute délicate
et voluptueuse des amants enlacés.
Mon si tendre Amant,
L'Amante aux mains gantées de fils de soie.
La Villa des mystères est l'art de vivre d'un couple :
des amants.

Le Marquis de Jade, à
l’humeur joyeuse, l’œil vif et séduisant : l’heure de la sieste pétille de convoitises. La chambre avec une fenêtre ouverte sur le parc. L’herbe fraichement coupée dégage un parfum acide et
sec qui se répand tout alentour.
Au bout du quai de la Gare, elle l'attend. Heure
tiède de l'après midi. Foule des voyageurs sur les plateformes.
C'est un art de la sensualité : La Marquise regarde de
près, dans le miroir ,le dessin de sa bouche, laisse glisser le doigt oint d'huile sur les lèvres, prenant soin de cette bouche que le Marquis de Jade aime baiser. Elle effleure le trait des
lèvres. Elle caresse la bouche qu'il va bientôt prendre, avec avidité.
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